Prof et tatouée ?


Holàààààààààààààààààà ! Et oui, il faut croire que tout peut arriver : je suis de retour sur le blog après une longue absence suite à de nombreux changements dans ma vie perso : déménagement, vie de couple, travail, préparation des cours, mémoire ... Seulement arrive un moment où l'envie devient plus fort que tout, et après tout, mon blog était mon échappatoire ! 

Bref, aujourd'hui parlons peu parlons bien, parlons tatouaaaages ! Je vous avais déjà peut-être évoqué le fait que j'aimais énormément les tatouages, j'attendais cependant le bon moment pour débuter, mais aussi l'argent (forcément !). 


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J'avais en tête depuis un moment de me faire tatouer par la talentueuse dix minets, tatoueuse à Strasbourg dont je vous laisse la page facebook mais aussi le compte instagram pour que vous puissiez découvrir son talent. Avec un carnet d'adresse bien rempli, je l'ai contacté une première fois en décembre 2016 puis en mars 2017 pour avoir enfin un rendez-vous fin juin 2017 ! Bien évidemment, j'en ai profité pour faire deux des tatouages que j'avais en tête. 

La fleur de lotus et son unalome 



Celui ci, j'y pensais depuis énormément de temps, c'était le plus important pour moi. La fleur de lotus symbolise la force : c'est une fleur capable de vivre et de grandir dans des marécages. L'unalome est quant à lui et pour faire simple le symbole du chemin à parcourir chez les bouddhistes pour atteindre une forme d'élévation spirituelle, et donc le bonheur. Chaque petite "boucle" symbolise un obstacle à franchir pour atteindre ce bonheur. Il était important et essentiel pour moi de marier les deux : la force de caractère et le rappel qu'il ne faut jamais arrêter de ce battre. Ce tatouage bien au delà de cette simple signification a un lien très fort avec mon papa, qui m'a transmis cette force, et me l'a encore prouvé lorsqu'il a du se battre contre la maladie. 

Douleur (situé dans la nuque) : Sans vous mentir, ce n'était absolument pas douloureux, ça me faisait presque des chatouilles !

La queue de baleine




Vous êtes de plus en plus nombreux à savoir mon engagement pour sea shepherd une association qui protège la faune marine et qui lutte contre de nombreux massacres (les baleines, les dauphins ...) mais aussi contre toute forme d'esclavagisme des animaux marins ou non pour le divertissement humain : coucou Marineland / Asterix / coucou Zavatta ...

Je vous rappelle qu'un dauphin, orque ou autre n'a rien à faire dans une piscine chlorée, n'a pas a sauter dans des cerceaux pour avoir du poisson congelé et des tonnes de médicaments pour survivre. 

J'avais donc l'envie et le besoin d'encrer cet engagement dans ma peau d'autant plus que cet engagement s'est prolongé dans ma façon de vivre : j'ai banni tous les cosmétiques testés sur les animaux de mes placards, ce qui se prolonge dans ma salle de bain (pas encore totalement pour l'instant) et je limite ma consommation de viande au week-end et encore : je ne suis donc pas végétarienne mais flexitarienne et reste très difficile à ce sujet (provenance, qualité, type de viande, conditions de vie ...)

Quelques mois plus tard, cet été dans le sud, nous avons décidé avec nos amis et le doudou de se faire tatouer les tatouages auxquels nous songions depuis un moment (ou pas) par un tatoueur situé à Palavas les Flôts. C'est ainsi que deux tatouages sont venus s'ajouter. 

Douleur (situé derrière la cheville) : On m'avait dit que j'allais pleurer à cet endroit, finalement, même sensation qu'une épilation : c'est archi supportable : 

L'ancre marine 



Situé sur le côté de mon poignet c'est un symbole vu et revu mais qui ne l'est pas pour rien : il symbolise à la fois les liens familiaux car l'ancre était la première chose qui rattachait les marins qui rentraient à leurs familles mais également l'équilibre : trouver son équilibre dans la vie n'est pas chose facile, et quand on l'a enfin trouvé, le plus difficile est de le garder. Le doudou a le même, au même endroit. 

Douleur (situé sur le côté du poignet) : Aucune !

Les trois lunes



C'est probablement mon préféré au niveau du style (peut-être aussi car c'est celui que je vois tous les jours). Situé sur mon avant bras il est composé de trois lunes, à des phases différentes. 
- 3 lunes : mon père est né le 3 
- le passé la plus petite, le présent celle du milieu et le futur pour la pleine lune = le futur reste à venir, il sera forcément plus riche qu'hier et aujourd'hui, c'est un symbole très parlant du temps qui passe
- enfin, ce tatouage illustre cette citation qui m'est chère "Lux in tenebris" : la lumière dans les ténèbres : peu importe ce qui nous arrive dans la vie, ne jamais oublier qu'il y a une lumière quelque part et que peu importent les galères, on s'en sortira toujours. 

Douleur (sur la partie haute de l'avant bras) : Oh bord*l j'ai eu mal !! Je ne vous parle même pas des retouches !! Ce tatouage était vraiment extrêmement douloureux. Malgré tout et c'est étrange, ça reste une douleur qu'on tolère car : si on bouge notre tatouage ne ressemblera à rien, on a tellement voulu ce tatouage qu'on serre les dents et on pense au résultat final. 

J'ai encore beaucoup d'idées en tête, mais je prends mon temps.

Il était aussi important de répondre à une question qu'on me pose très très (trop) souvent : " Mais, t'es prof, c'est pas bien vu les tatouages, comment tu fais ?"

Premièrement, ma vie ne tourne pas autour de mon métier même si c'est un métier extrêmement prenant. Mon corps et mes envies m'appartiennent, j'en fais ce que je veux. 

Deuxièmement je pense qu'il y a un tabou autour du tatouage qui est assez incroyable en France : tatoué(e) = négligé(e) / mal vu / cas sos / sale et j'en passe. C'est totalement arriéré comme façon de penser ; un tatouage n'est autre qu'une partie de sa vie, ou d'art gravé sur soi, c'est une démarche totalement personnelle qui n'a pas à être jugée par qui que ce soit. 

Dernièrement : mes élèves ont vu le premier jour le tatouage sur mon poignet, et celui dans ma nuque et je n'ai eu aucun commentaire à part " madame ils sont beaux vos tatouages". 
Celui sur l'avant bras et celui dans ma nuque, ils les ont vus quelques jours plus tard : après quelques regards pour " comprendre " les motifs, ils n'y prêtaient plus attention du tout. 
Quelques élèves sont venus me voir un jour en fin d'heure pour en savoir un peu plus, je leur ai répondu que les tatouages restaient quelque chose de personnel mais que si les significations de ces symboles les intéressaient ils pouvaient aller voir sur internet s'ils le souhaitaient. 

Enfin, est venu le jour de la réunion parents / profs : je n'en ai caché aucun et je n'ai eu aucune remarque. J'ai seulement une maman qui m'a dit " quand ma fille m'a dit que vous aviez des tatouages je me suis dit que vous seriez une mauvaise prof, c'était idiot, je vois à quel point ma fille aime vos cours et à quel point vous travaillez" , ça en dit long je pense. Le tatouage ne change pas la personne que vous êtes, n'en doutez pas ! Pour ma part, je prouve à ceux qui auraient des préjugés que rien ne change : mon travail reste le même, la relation que j'ai avec mes élèves aussi, tout comme ma personne, évidemment

Malheureusement, il faut "faire ses preuves" avec un tatouage aujourd'hui, pour ne pas être mal vu. C'est dommage. Mais je continuerai à en faire et surtout, à ne pas les cacher. Soyez fiers de vous !

EDIT : J'ai oublié de préciser que j'ai attendu d'avoir passer les oraux du CAPES pour me faire tatouer car malheureusement, et comme je le dis dans cet article, les mentalités sont peu évoluées en France à ce sujet, je n'avais pas envie d'être recalée parce que tatouée. (Sait-on jamais)

Quel est votre rapport au tatouage ? 

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7 commentaires

  1. C'est vrai que le tatouage c'est assez mal vu en France malheureusement. Cet article me rassure car je veux devenir prof et je serais bientôt tatouée (dans un mois et deux semaines très exactement) ! En tous cas les tatouages que t'as sont très beaux !

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    1. Coucou ! C'est vrai que si on compare avec d'autres pays où le tatouage est banalisé, ici on est encore bien loin de cela !!
      Si ça peut te rassurer, nous sommes assez nombreux dans ma promo à être tatoués, notamment sur les bras ou des parties visibles du corps en tout cas et ça ne pose visiblement pas de problèmes :)

      A l'espe, de nombreux étudiants d'autres promos le sont aussi, sans souci :)

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  2. Je ne suis pas forcément fan mais en fait mon regard évolue au fil des années. J'ai juste très peu de l'évolution avec le temps.
    Mais les tiens sont très beaux et je trouve ça top le message que tu véhicules avec tes élèves !

    Ps : tu dois quand même pas être trop douillette ^^

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    1. Coucou ! Merci beaucoup pour ton commentaire ! L'essentiel est de respecter les choix de chacun, même si on n'y adhère pas, et tu véhicules du coup, toi aussi un beau message !

      Honnêtement, je ne suis pas spécialement douillette non. Mais je pense aussi que j'ai tant attendu pour faire ces tatouages que la douleur était minime haha

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  3. Salut,
    Je suis tombée un peu par hasard sur ton article en cherchant des témoignages de profs tatoués. Pas parce que je suis prof et que je veux me faire tatouer, pas parce que je suis tatouée et que je veux devenir prof, en fait je suis déjà les deux : prof et (assez) tatouée, mais des fois, je me sens un peu seule dans ce cas, alors je cherche des témoignages... Surtout qu'en fait, si j'ai croisé quelques collègues (un peu) tatoués dans le secondaire, en ce moment j'enseigne en fac, et là, c'est le désert, ou presque. Bref, je suis tombée là et je voulais apporter mon petit caillou à l'édifice. En fait les pires remarques sur mes tatouages me sont venus par ordre décroissant : des collègues, des parents, et quasiment jamais des élèves. Les élèves ça les occupe deux minutes et puis ils passent à autre chose, les parents finissent (généralement) par se ranger à l'avis de leur gamin, mais les collègues... ça peut parfois être une autre paire de manche!
    Tout ça pour dire, tu as l'air d'être une toute jeune prof, (en stage, néotit?) et tu auras largement l'occasion de te rendre compte que ça dépend vraiment des endroits et des publics. Pour certains tout ira bien, pour d'autres il faudra faire ses preuves, et pour quelques uns, le cas sera désespéré. Qui plus est, même si tu as déjà 4 tatouages, ils restent assez petits, et donc discrets, même en étant visibles. Si tu décides un jour de passer aux pièces plus monumentales, tu risques de te rendre compte que ça complique un peu les choses. (Alors il faudrait faire une étude poussée, pourquoi "plein" de petits tatouages passent mieux qu'une sleeve, mais c'est ce que je remarque depuis que j'ai commencé la mienne. Des gens qui n'avaient jamais eu aucune remarque pour mes pièces "moyennes" ou petites, me disent que là je vais trop loin, etc.).

    Bref, tout ça n'a aucune intention de te dire de ne pas continuer si tu aimes les tatouages, bien au contraire, on ne va pas s'arrêter de vivre pour quelques imbéciles fermés d'esprit, mais juste pour apporter un témoignage d'une un petit peu plus ancienne tatouée/prof.

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    1. Hello ! Tout d'abord merci pour ton commentaire que j'ai lu avec plaisir !

      J'y réponds donc dans l'ordre : effectivement, j'enseigne dans le secondaire et à la fac je n'ai jamais vu un seul tatouage sur un prof non plus ... va savoir pourquoi ! Je pense que le tatouage est encore trop représentatif d'une certaine classe sociale et qu'en tant que prof, de faculté qui plus est, il est difficilement envisageable pour certains de se "rabaisser" à ce genre de pratique / d'art. C'est triste, mais je pense qu'honnêtement, il y a de ça ...

      Je suis en effet une toute jeune prof, néotit à la rentrée et mes 4 premiers tatouages ne sont que les premiers ... J'ai par la suite reçu quelques commentaires de collègues (faut dire que j'ai fait mon stage dans un endroit bien reculé, en pleine campagne où les mentalités restent très fermées ... sur tous les sujets). J'ai eu le droit à " pourquoi tu fais ça ? C'est dommage ça donne une autre image de toi ... pas forcément positive". J'ai répliqué bien évidemment.

      J'ai aussi une collègue qui a dit un jour que les tatouages étaient " une nouvelle lubie des jeunes " et que les élèves se tenaient à carreau dans mon cours à cause de ce côté " jeune / tendance " ... Ridicule.

      En revanche, cette année dans ma promo, nous étions nombreux et nombreuses à être tatoués : certains le bras entier, d'autres des pièces imposantes sur. les bras également, ou sur les épaules etc.

      Je pense que même si ce n'est pas encore courant, peu à peu on pourra voir les tatouages débarquer dans des métiers comme les nôtres, tout comme chez les policiers, infirmiers etc.

      J'ai davantage en tête d'en faire plusieurs petits qu'un grand en effet mais je sais que les gens auront dans tous les cas des remarques à faire.

      Ce qui m'importe finalement, c'est de constater que les critiques ne viennent pas de nos élèves, comme tu le remarques aussi. Et, finalement, c'est ce qui me donne un peu d'espoir : on peut leur ouvrir les yeux et changer les mentalités quand des jeunes ne se posent aucune question sur la posture d'enseignant tatoué mais que les parents eux, s'en posent ...

      Les élèves réagissent assez vite, et comprennent que le "problème" ne vient pas de l'enseignant.

      J'espère que tu pourras lire mon commentaire et y répondre à nouveau, c'était un réel plaisir d'échanger avec toi !

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    2. Merci de m'avoir répondu, c'est toujours un plaisir d'échanger des expériences!
      Tu me confirmes donc ce que j'ai vécu, les remarques viennent plus souvent des collègues que des élèves, voire même des parents. L'une des miennes m'a un jour dit que je donnais "le mauvais exemple". Après avoir tenté de creuser la discussion sur en quoi c'était "mauvais", j'ai fini sur de la blague en lui disant que je lui paierai un café si elle pouvait me trouver un seul de mes anciens élèves qui serait allé/irait voir un tatoueur en lui disant "je veux un tatouage comme Mme Machin, ma prof de français", et que ce serait plutôt les stars et autres instagrameurs qui les inspireraient. Sa réponse : "C'est pire, tu banalises l'acte, si même les profs le font, comment veux-tu qu'ils comprennent que c'est pas quelque chose à faire..." J'ai abandonné là, et je l'ai laissé dans la salle des profs en lui disant que je penserai à ramener aussi ma seringue, mon héroïne et deux trois bouteilles de vodka au prochain cours, histoire d'avoir une meilleure influence...

      Sinon à la fac, j'ai peu de remarques des collègues, juste des regards en coin, et je sais que certains en discutent quand je ne suis pas là. Je n'ai eu que deux réflexions, l'une de la part de mon directeur de thèse, qui m'a demandé de cacher "tous mes petits dessins" quand je suis en "représentation officielle de la fac" ou pour les colloques/entretiens, etc. parce que cela peut nuire à ma crédibilité (mais honnêtement je pense qu'il l'a dit en se souciant de moi et pas parce que ça le gêne, il ne voulait pas que ça me nuise à l'extérieur, et il ne me dit rien quand il me voit aller faire cours avec les bras nus ou une partie de mon dos visible). L'autre, il s'agit d'une collègue, qui m'a demandé un jour pourquoi je faisais ça. Et quand j'ai essayé de lui expliquer, sans pour autant trop lui raconter ma vie, elle a fini par me répondre, totalement abasourdie "Mais tu fais une thèse pourtant..." J'ai compris que pour elle, comme pour beaucoup de gens à la fac, un tatouage est un acte irréfléchi de jeunes post-ado ou de beaufs sans éducation. Elle ne pouvait concevoir qu'à 30 ans, agrégée et avec un niveau bac plus 8, je continue de me faire tatouer...

      Le plus drôle c'est les étudiants. Certains s'imaginent au premier cours que je suis quelqu'un de cool, un prof pote, parce que j'ai presque leur âge, que je m'habille sensiblement pareil qu'eux, et bien sur que je suis tatouée... Ils déchantent en général assez vite! Si je ne suis pas un dragon non plus, mais je suis assez stricte et distante (deux-trois stigmates de REP)... Enfin, une fois passée la surprise du décalage, tout se passe très bien.

      Mais tu as raison, l'important c'est les élèves et la jeune génération, si eux peuvent être plus ouvert d'esprit, alors on va clairement vers un mieux, et il y a de l'espoir que les mentalités évoluent et qu'un ou des tatouages, ne posent plus aucun problème, aucune question, quel que soit le métier.

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